65%

C’est le pourcentage d’êtres humains qui dépassent la tension de 150 volts dans l’expérience de Milgram. Pour ceux qui ne connaissent pas, l’expérience de Milgram porte sur l’obéissance à l’autorité. On fait croire à un cobaye qu’il se prête à une expérience sur l’apprentissage. Un complice doit mémoriser une suite de mots. À chaque erreur, une décharge lui est administrée par le cobaye sous la supervision d’un scientifique. La tension va croissante à chaque erreur. À partir de 150 volts, le complice manifeste bruyamment sa douleur et son intention d’arrêter l’expérience. Il crie et prétend qu’il souffre de problèmes cardiaques. Ses poignets ont été entravés devant le cobaye qui sait qu’il ne peut pas se libérer seul. À partir de ce point, la plupart des cobayes se tournent vers l’autorité scientifique en demandant la confirmation qu’ils peuvent continuer. Le scientifique minimise les plaintes du complice. Il assume clairement toutes les conséquences que pourrait avoir l’expérience. Il assure par ailleurs au cobaye que les chocs électriques sont sans danger tout en exhortant le cobaye à poursuivre l’expérience. Ce cap des 150 volts est un point de non-retour. Les cobayes qui le franchissent vont presque tous jusqu’au bout de l’expérience, c’est-à-dire plus de 450 volts. Cette tension est clairement indiquée comme extrêmement dangereuse sur l’appareil qu’ils ont devant eux. Cette expérience a été reproduite à de nombreuses reprises tant ses résultats furent choquants. Récemment encore, on en a refait un remake qui n’a malheureusement fait que confirmer les résultats de l’expérience initiale. 65 % des êtres humains de cette planète, 2 sur 3, indépendamment du sexe, de l’âge, de la couleur de la peau, du niveau social, de la religion ou de la culture, vont jusqu’au bout. Un peu moins de 5 % s’arrêtent dès les premiers signes de douleur, aux alentours de 100 volts. Rien ne permet de dire a priori qui va s’arrêter et qui va continuer. Lorsqu’on questionne a posteriori ceux qui se sont arrêtés sur les raisons qui les ont poussés à agir ainsi, ils répondent tous la même chose : j’ai arrêté car je me sentais responsable. J’avoue que j’ai pleuré devant la vidéo de l’expérience. Ce qu’elle raconte sur notre condition est profondément déprimant. On ne peut pas s’empêcher de penser et moi, qu’est ce que j’aurais fait à leur place ?. Le pire, c’est qu’on ne pourra jamais être certain de la réponse.

Sur YouTube : ABC Channel’s Milgram Experiment remake : http://youtu.be/JnYUl6wlBF4

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